Soins Infirmiers & Informatique est une association infirmière belge qui organise l'échange et la diffusion des connaissances, des acquis et des projets traitant de l'informatique et des soins infirmiers.

Soins Infirmiers & Informatique

Diagnostics, interventions et résultats infirmiers : un enjeu humain avant tout

Faut-il espérer de l’effet Ségolène pour améliorer la place des infirmières au sein de la politique de santé en France ( réflexions émises ça et là certes sur le ton de l’humour… mais la réalité en est- elle éloignée ? ).
Pour l’instant, aucune donnée infirmière n’existe outre Quiévrain et ce sont presque uniquement des données d’activités médicales qui orientent les besoins en soins !
Nous ( les quelques Belges présents) étions unanimement fiers de notre enregistrement RIM, bientôt DI-RHM et les infirmières françaises présentes nous ont dit à quel point elles envient notre système et la reconnaissance qui s’en suit.



J.Bellon
J.Bellon
La 16 ème journée de l’ AFEDI se tenait ce vendredi 24 novembre 06 à Paris avec comme titre: «Diagnostics, interventions et résultats infirmiers : un enjeu humain avant tout».

Ces conférences viennent renforcer ce qui caractérise la démarche infirmière au quotidien et s’inscrivent exactement dans le mouvement actuel du DI-RHM (Données Infirmières du résumé hospitalier Minimum).

Cette assertion est à nuancer, nous dit Cécile Lambert , (Professeure titulaire à la faculté des sciences infirmières- Université de Sherbrooke - Québec 5 Canada) car tout système comme celui des diagnostics de l’ ANADI peut se résumer en un système administratif de défense plutôt qu’un système d’écoute du patient. Les détracteurs affirment que ce système place les patients en clients consommateurs de soins avec qui les soignants développent une relation commerciale (1). Ces propos rédigés en 2004 traduisent une opposition à la mise en application d’un système de communication connu sous le nom de « transmissions ciblées » ne sont pas sans rappeler ceux de deux infirmières canadiennes de l’ Université de Toronto qui, vingt temps plus tôt, déploraient les conséquences d’un langage standardisé pour les soins infirmiers (2).

Ainsi, dès 1984, à peine 10 ans après le commencement des travaux de l’ ANADI, ceux-ci faisaient l’objet de controverse. De son côté, Cécile Lambert, déjà en 1985, rétorquait que pour «circonscrire la partie du territoire occupée par les soins infirmiers», la concertation serait plus utile que la polémique (3).

Ce paragraphe témoigne à lui seul de la complexité à cadrer les soins infirmiers et nous invite à ne pas tomber dans une approche idéologique qui nous conduirait vers une sorte d’intégrisme infirmier.
La voie conseillée est de se centrer sur l’humain par le dialogue.
Les soins infirmiers se situent entre art et science, l’art est subjectif, individuel et pluriel, la science est objective, standardisée et universelle. Science et art sont l’une et l’autre centrés sur l’humain.
Parler du langage infirmier, c’est parler du langage des soignants qui en soi est la façon d’identifier les soignants.
Faire émerger ce qui est dit, fait par les soignants en contact avec la patientèle est le point de départ du langage infirmier en le plaçant dans une dynamique d’évolution constante. Nous devons consacrer toute notre énergie à chercher « la vérité » plutôt qu’ à vouloir la posséder. Ce qui ouvrirait ainsi la porte aux dérives et nous éloignerait du rôle propre au quotidien dans toutes les situations de soins.
L’existence des langages bien codifiés doit être mise au service des langages quotidiens sans toutefois les remplacer mais plutôt donner l’occasion de peaufiner le langage du soignant et ce sans pour autant remplacer son expertise.
La dynamique doit donc être le leitmotiv et le langage du quotidien doit lui aussi faire progresser les langages structurés.

Béatrice Fernon , enseignante chercheuse à Paris Dauphine( France), nous a parlé de la place des soins infirmiers dans l’économie de la santé, enjeux d’avenir.
Après avoir évoqué des notions d’économie de la santé, la démonstration était faite de l’absence des données infirmières qui sont extrêmement nécessaires à connaître pour établir la bonne adéquation entre besoins de santé et répartition des ressources disponibles.
La nouvelle gouvernance doit intégrer l’ensemble de toutes sources d’information.
Pour atteindre cet objectif, l’outil informatique doit apporter sa part pour traduire au mieux l’activité au sens large des soins infirmiers mais doit rester un outil.
Les orateurs et les échanges lors des questions et réponses après les exposés souhaitaient avec force que le choix de logiciels soit réalisé avec les soignants eux-mêmes.

L’ AFEDI, Ile de France nous a remis un feuillet dont un des thèmes est d’enrichir le réseau d’échanges par l’actualisation et en informatisant le fichier «plan de soins guides».
Tiens, tiens, c’est une démarche que nous réalisons aussi chez nous, du moins, chacun s’ y prépare (adresse courriel : ) avec ou sans aide de sociétés informatiques.
Ce groupe veut aussi développer la recherche / classifications en Soins Infirmiers et communiquer cette recherche : «DI, facteur de professionnalisme».

Comme je l’ai souligné au niveau du titre de ce billet, l’élection présidentielle française va-t-elle prendre en compte la place des infirmières? Non pas pour plaire mais pour traduire au quotidien la place méritée par les infirmières au niveau de la politique de santé publique de la France.

Effet temporaire ou effet durable ? C’est l’avenir qui nous le dira. En tout état de cause, Ségolène Royal adopte un style qui se veut tenir compte de l’attente des citoyens et qu’elle prépare de cette façon son programme.

Tout cela, c’est de la politique mais tout est politique !

Espérer que cette opportunité soit bénéfique pour la profession infirmière, pourquoi pas ? Pour autant que le malade en soit le principal gagnant et que la profession infirmière évolue et soit encore mieux reconnue.

(1) Bailat, A. ( 2004) « transmissions ciblées : quand la philosophie de soin fait le lit du libéralisme. Services publics, 20. Document téléaccessible à l’adresse : htpp://www.ssp-vpod.ch/ssp/ge76.htm
(2) Hagey, R.S., et McDonough,P.( 1984). The problem of Professionnel labeling.Nursing Outlook, 32, 151-157.
(3) Lambert, C. ( 1985). Le diagnostic infirmier : un bienfait ou un méfait ?L’infirmière canadienne, 27(8), 17-19.

Joseph Bellon
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1.Posté par gainvorste dominique le 27/11/2006 13:08
le dossier infirmier est le résultat d'une "histoire".Historiquement, celui ci n'existait pas, les transmissions ne se faisaient que oralement...( femmes soignantes, parfois ne sachant pas écrire).Le dossier infirmier et par là les transmissions écrites s'est construit petit à petit; celui ci renforce le raisonnement clinique des professionnels que nous sommes.Le raisonnement clinique doit se faire au plus près du patient: ce que je vois, ce que je sens, ce que je ressens, ce que j'entends,..L'ecriture professionnelle est au service du patient.
Les transmissions écrites formalisent le savoir qui sert de référence à la pratique professionnelle des soignants, elle guide l'activité des équipes de soins.
L'écriture discipline notre pensée, la clarifie, l'ordonne voire l'approfondis mais elle doit être le reflet de notre quotidien, nous devons y trouver du sens et nous y retrouver.
Je pense effectivement que l'écriture formalisée, codée ,doit être au service du langage quotidien et pas l'inverse. Nous sommes des experts en soins, écrire permet de reconnaître notre activité, de rendre les soins infirmiers plus visibles et de nous positionner en tant qu'expert. Le langage doit être univoque mais doit également être le reflet de ce que nous faisons tous les jours au lit du patient. Le passage de la culture de 'l'oral vers la culture de l'écrit.....tout un programme


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