34 hôpitaux wallons, représentant 90% des lits aigus de la région, se sont lancés officiellement dans un projet d’interconnexion entre eux et avec les logiciels de médecine générale via les web services kmehr. A ces 34 hôpitaux s’ajoutent 3 hôpitaux psychiatriques et quelques hôpitaux sympathisants qui n’ont pas encore signé formellement leur engagement bien que participant aux réunions de travail. Le projet d’ABRUMET pour la région bruxelloise a retenu le même principe. Plusieurs hôpitaux bruxellois participent déjà au Réseau Santé Wallon (en plus des hôpitaux déjà cités). Le Gentse ziekenhuisoverleg a été le premier site à utiliser ces web services en production.
Kmehr est utilisé dans de nombreux hôpitaux en production (AZ-VUB, ZNAntwerpen, UZ-Gent, CHU Charleroi, hôpitaux équipés du logiciel Omnipro, …), dans le système de gestion des gardes de médecine générale de Domus Medica, et dans l’industrie notamment pour synchroniser les EMD de médecine générale avec des PDA (medipocket), pour le développement de plug-ins (Pfizer). Beaucoup d’autres projets envisagent d’utiliser kmehr (Medibridge dans le cadre d’impluseo II par exemple).
Lors de la réunion du 30 mai 2008 relative à l’architecture System-to-system à développer dans le projet eCare, les participants ont choisi les web services kmehr comme plate-forme de communication (VUB+KUL+StLuc BXL+tous les hôpitaux du Réseau Santé Wallon+eCare). Les techniciens du registre du cancer ont également exprimé un avis en ce sens.
Les experts sollicités par la médico-mut en 2008 ont repris comme deuxième priorité la poursuite des travaux de standardisation sur kmehr/sumehr.
Enfin de nombreux travaux de spécifications ont été entamés (ENRC – Electronic Nursing Record, prescription médicamenteuse, vaccinnet avec Kind&Gezin, etc …) et attendent pour se finaliser que les autorités publient le site officiel de support de kmehr.
La plus grande faiblesse de kmehr est de n’avoir pas pu bénéficier d’un support structurel à l’échelle de son succès sur le terrain. Toutefois, le site officiel de maintenance est en cours de réalisation par la Smals, financé par le SPF Santé Publique. Sa première version devrait être publiée en septembre 2008.
Place de kmehr dans le contexte international
Contrairement à une idée reçue, kmehr ne se pose pas et ne s’est jamais posé en concurrent de normes à visées internationales.
Kmehr a été construit sur la prénorme européenne ENV13606-Part 4, définissant un format pour l’échange de données médicales. En 2002, cette pré-norme recommandait une architecture générale de structure de message mais ne précisait aucun message en particulier. La prénorme ENV13606 prévoyait d’ailleurs explicitement un mécanisme pour documenter le mapping des implémentations locales par rapport à l’architecture générale proposée. Il était donc incontournable de devoir instancier chacun des messages que nous désirions échanger réellement dans notre pays. C’est ce que le groupe data de la commission télématique a fait pour les messages prioritaires. Ces messages ont alors été utilisés dans les différents projets susmentionnés.
Kmehr a donc été bâti sur le pré-standard international qui a été jugé le plus pertinent à l’époque.
Depuis 2002, les standards internationaux de messages médicaux ont évolué. La prénorme européenne a été amendée et adoptée sous le numéro EN13606.x. C’est donc elle qui fait foi en Europe. Les Etats-Unis ont développé une approche alternative baptisée CDA dont la version 2 a été publiée en 2005.
Le standard HL7 est souvent présenté comme un standard ‘mondial’. C’est relativement vrai dans le secteur hospitalier; mais uniquement pour la génération 2.x de ses messages. Ces messages reposent sur une vieille architecture, ASCII délimitée, et concernent essentiellement les échanges intra-muros de messages plutôt administratifs au sein d’un hôpital. Ceux qui travaillent en milieu hospitalier savent par ailleurs que chaque implémentation d’une interface HL7 nécessite des adaptations locales coûteuses.
La génération 3 du HL7 et plus spécifiquement le CDA (Common Document Architecture) représente l’implémentation xml d’échange de données plus médicales. Cette version ne s’est pas encore imposée au niveau international.