Soins Infirmiers & Informatique est une association infirmière belge qui organise l'échange et la diffusion des connaissances, des acquis et des projets traitant de l'informatique et des soins infirmiers.

Soins Infirmiers & Informatique

L'avis du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (France) sur le bracelet d'identification.

Dans une lettre ouverte remise à Roselyne Bachelot, Ministre fran!çaise de la Santé, Thierry Amouroux, le Président du SNPI CFE-CGC développe la position de son groupe face à la pose du bracelet d'identification par les soignants.
Selon lui, la relation soignant-soigné, c’est poser les problèmes éthiques là où une technostructure ne voit que des procédures techniques sécuritaires.
Voici ce courrier, qui, nous l'espérons, servira de base à un débat dans la rubrique "commentaires".



Madame la Ministre,

La direction de l’hôpital Saint Louis de l’AP-HP souhaite généraliser l’identification des malades par des bracelets d’identité. Alors que l’on parle d’humanisation des hôpitaux, du droit des malades, de la dignité des personnes hospitalisées, nous sommes particulièrement choqués par une telle démarche, aussi nous sollicitons votre soutien.

Certes, cela peut être acceptable, au cas par cas, pour des personnes incapables de décliner leur identité (nourrissons, déments), sachant qu’il ne peut y avoir de catégorie particulière (une personne sénile ou un malade mental qui connaît son nom n’a pas à subir ce genre d’humiliation), mais que des décisions d’équipe sur une personne donnée.

Mais lorsqu’une personne hospitalisée est capable de décliner son identité, lui demander de "s’étiqueter" revient à le nier en tant que personne, à lui faire quitter sa qualité de "sujet, objet de soins", pour en faire un "objet des soins". Agir ainsi pose de réels problèmes éthiques, et va à l’encontre de la démarche soignante.

L'avis du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (France) sur le bracelet d'identification.
Un bracelet d’identification n’est pas un objet neutre, car il renvoi à l’imaginaire du marquage, variable selon l’histoire personnelle :
  • le bracelet du prisonnier ou du délinquant sexuel, renforcé par le fait que l’hôpital comporte lui aussi des caractéristiques d’enfermement et de soumission à un personnel en uniforme (ne dit on pas toujours la surveillante en parlant du cadre infirmier ?). Une personne a ainsi demandé à l’infirmière si on l’obligeait à porter ce bracelet parce qu’elle était séropositive.
  • la chosification, renforcée par le fait que l’étiquette informatisée collée sur le bracelet comporte un numéro d’identification et un code barre. Lors d’une réunion d’information dans la cafétéria de Saint Louis, le cadre supérieur chargé du projet a même indiqué qu’à terme on passerait le lecteur de code barre sur la poche de sang ou de chimiothérapie, puis sur le bras du malade afin de lire l’étiquette du bracelet pour vérifier la compatibilité ! Peut on imaginer que traiter ainsi une personne hospitalisée comme un objet de consommation ne modifie pas la relation soignant /soigné ?
  • l’animalisation, un malade ayant ainsi indiqué à l’infirmière qu’il n’était pas un chien, et qu’il était hors de question qu’on lui mette un collier avec son nom. Ce n’est qu’une anecdote, mais pour l’infirmière qui rencontrait ce patient pour la première fois, cela a altéré durablement le rapport de confiance, car une gêne s’était installée entre eux.
  • le marquage des camps de concentration, particulièrement sensible, dans la mesure où l’hôpital Saint Louis se trouve entre Belleville et le Sentier.
Une jeune infirmière ne se posait pas de problème par rapport au bracelet : elle appliquait la consigne de la direction. Jusqu’au jour où le vieil homme hospitalisé à qui elle demandait de mettre ce bracelet, avec son étiquette à code barre, l’a regardé, à remonté sa manche, et lui a dit « Mademoiselle, je n’ai pas besoin de votre bracelet, j’ai déjà un numéro d’identification de tatoué ». Face à cet ancien déporté, elle a vécu un grand moment de solitude. Elle n’a jamais pu reprendre en charge ce patient, car quelque chose était brisé dans la relation soignant/soigné. Et pour elle, ce bracelet n’est plus une simple procédure de sécurisation.

A travers ce cas concret d’éthique clinique, chacun peut constater que la technique modifie la relation de soins. Même en dehors de l’aspect stigmatisant, le bracelet induit un rapport de docilité, de contrôle, de soumission, qui va à l’encontre des valeurs du soin. En mettant un bracelet, un patient ne peut plus être dans un rapport égalitaire avec le soignant.

Qui plus est, c’est l’infirmière que l’on instrumente pour imposer ce bracelet, alors qu’au contraire l’infirmière est là pour défendre la valeur et la dignité humaine du malade au sein de l’univers hospitalier, en rappelant qu’il est en lui-même une fin, c’est-à-dire une personne que l’on doit respecter, et non une simple chose (organe, pathologie), dont on peut disposer. De part sa vision globale et ses capacités relationnelles, l’infirmière permet au malade de conserver son humanité.

Déjà en 2000, dans sa grande sagesse, le Directeur Général de l’époque avait préféré retirer un tel projet, suite aux réactions des infirmières qui refusaient de mettre une étiquette avec numéro et code barre au poignet des personnes hospitalisées, et à la condamnation des groupes de réflexion de l’Espace Ethique AP-HP.

Aussi, conformément aux recommandations élaborées par les groupes de réflexion de l’espace Ethique de l’AP-HP "Soin citoyen" et "Soignants et éthique au quotidien", nous vous demandons de bien vouloir intervenir pour mettre un terme au projet de généraliser le port d’un bracelet d’identification, aux personnes hospitalisées capables de décliner leur identité.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Thierry AMOUROUX Président du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC

Source

Lettre ouverte de T.Amouroux
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1.Posté par Cathy le 06/02/2008 00:37
C'est inadmissible.
On peut baguer des pigeons, mais pas des humains.
Comment les cadres infirmiers peuvent accepter celà ?

2.Posté par Edouard73 le 16/06/2008 10:41
il est vrai que "bagguer" les gens n'est pas très humaniste mais il permet de comptabiliser d'une manière efficaces et rationnelle les populations. Si cela permet d'éviter des bourdes, de gagner du temps aux infirmiers afin de mieux s'occuper des patients l'idée est bonne.

d'autant plus que le bracelet d'identification n'est pas si onéreux que ça. la preuve sur le site suivant : http://www.euro-logo.com/bracelets-identification.htm un outil efficace et pas chère pour ce genre d'opération. Sachant que l'état cherche à réduire les coups voila un outil qui rendra pleinement satisfaction.
http://www.euro-logo.com/bracelets-identification.htm

3.Posté par SNPI CFE-CGC le 29/08/2009 11:19
Les 510 000 infirmières et infirmiers de France recensés dans le fichier ADELI de l'administration recevront à leur adresse professionnelle le dossier d’inscription au tableau ordinal entre le 2 et le 5 septembre 2009. Afin d’en faciliter l’accès, il sera téléchargeable sur le site internet de l’ONI et sur tous les sites des départements et des régions.

Comme pour les élections, cet envoi représente un volume très important de courrier arrivant dans les établissements.

Ce dossier contient :
une lettre de la Présidente du Conseil national,
un formulaire de demande d’inscription,
une notice indiquant les pièces à produire,
une enveloppe portant l’adresse de réponse.

Les infirmières et les infirmiers devront retourner ce dossier au plus tard le 30 septembre 2009 dans l’enveloppe type prévue à cet effet. A sa réception, chaque dossier rempli et accompagné des pièces justificatives sera vérifié et numérisé. Chaque infirmière ou infirmier inscrit recevra une carte de membre de l’Ordre, un caducée et une attestation.

Le dispositif ainsi organisé permettra à chaque conseil départemental de disposer d’une base de données initiale sur les infirmiers inscrits.

Les questionnaires ont été conçus outre, les renseignements obligatoires, pour recueillir auprès des infirmiers, l’essentiel des informations caractérisant leur exercice et leur cursus professionnel. Ils représentent une ressource unique pour établir les premières bases d’une cartographie précise tant quantitative que qualitative de la profession dans son ensemble.

Leur analyse permettra dans les prochains mois d’établir un état des lieux de plus en plus exhaustif de la profession infirmière en France (démographie, spécialisation, lieux d’exercice, expertises, niveau de formation). L’Ordre entend s’appuyer sur cet état des lieux pour faire reconnaître la richesse des parcours développés par les infirmières et les infirmiers et valoriser enfin les missions qu’ils accomplissent.

Source : http://www.syndicat-infirmier.com/Inscription-des-infirmiers-au.html
http://www.syndicat-infirmier.com/Inscription-des-infirmiers-au.html

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