Méthodologie
L’étude comportait 3 volets. Le premier, une recherche qualitative exploratoire par entretiens individuels, a été mené auprès de 10 PAI issus de lieux professionnels différents et avait principalement pour but de familiariser les chercheurs avec la problématique. Cette phase a débouché sur la création d’un questionnaire, réalisé pour le deuxième volet de la recherche. De type quantitatif, cette phase s’est appuyée sur l’analyse des réponses au questionnaire, envoyé au domicile ou remis dans les services hospitaliers auprès de 2000 PAI. Pour finir, le troisième volet a été mené en s’appuyant sur les réponses à un questionnaire Internet, déposé sur le site web du SPF et pour lequel la publicité est passée par des associations professionnelles infirmières. Pour ces deux derniers volets, les questionnaires ont été envoyés en néerlandais et en français.
Résultats et discussion
La présente recherche avait pour but de réaliser une photographie de la manière dont l’information au sujet de cette modification avait été reçue par les acteurs de terrain, 5 à 6 mois après la parution de l’A.R. et 2 à 3 mois après celle de la Circulaire Ministérielle relative au même AR (29 août 2007).
Il apparaissait que, de manière générale, les PAI étaient peu au courant des textes légaux qui les concernaient. S’ils en avaient entendu parler (41% de l’échantillon), leur connaissance au sujet du texte de l’AR était basse (23% des PAI répondaient correctement à > 3/6 questions portant sur le contenu). Les PAI les mieux au courant étaient ceux qui travaillaient dans les services de Soins Intensifs et aux Urgences, ainsi que les PAI enseignants. Le canal par lequel les PAI avaient le plus souvent reçu l’information était la réunion de service et via l’association professionnelle. Parmi ces deux canaux, l’information obtenue par l’association professionnelle était corrélée à un meilleur niveau de connaissance au sujet de la loi. Lorsque l’information avait été donnée via la réunion de service, le score obtenu aux questions de connaissance était bas.
Pour ce qui est de la communication de l’information dans le futur, les PAI souhaitaient majoritairement qu’elle ait lieu sur leur lieu de travail (par les réunions de service, mais relayée par un écrit, tel l’intranet ou l’affichage dans le service) alors que les PAI travaillant à l’extérieur d’une institution, préféraient recevoir l’information par le biais d’une association professionnelle. D’un autre côté, l’interface privilégiée par le SPF Santé Publique pour la communication avec les PAI est le site web (portail fédéral).
Conclusion
Le défi posé à l’heure actuelle est de faire concorder l’offre du Service Publique Fédéral en matière de communication aux besoins exprimés par les praticiens de terrain, afin que ceux-ci puissent trouver facilement l’information actualisée quant au contexte légal – actualisé - dans lequel ils exercent, dans un langage clair et univoque.
Ceci pourrait constituer une des pistes à explorer pour améliorer les connaissances des praticiens de l’art infirmier concernant le cadre légal dans lequel ils exercent leur activité professionnelle. En parallèle, les connaissances des PAI concernant le cadre légal pourraient être améliorées par des mesures indirectes, telles que le soutien aux associations professionnelles qui diffusent l’information à leurs membres.