Demain un nouveau mode d’organisation horizontal va progressivement se généraliser: les hôpitaux, les maisons de repos, les médecins de première ligne, les infirmiers, les kinés, les pharmaciens, les soins à domicile, les mutualités, et les autorités publiques vont travailler en commun et différemment pour renforcer la coordination et l’accès aux soins.
Aujourd’hui des solutions informatiques existent déjà et montrent ce que sera demain la nouvelle
réalisation du monde de la santé.
L’objectif de ce séminaire est de permettre à chacun de comprendre comment va évoluer son rôle et son métier mais aussi comment il peut développer une nouvelle stratégie pour s’insérer et maîtriser
au mieux ces nouvelles réalités.
En introduction, François Daube nous parle de Solstisse, il insiste très fort sur ce qui va se passer au sein de ce 21ième siècle. Il faut savoir nous dit il qu’en 1985 les budgets consacrés à la santé représentaient 7 % du BNP, ils atteindront 10,03% en 2005 et la progression se poursuivra vers les 13 ou 15%.
Il est clair que la médecine évolue, le progrès concernant les médicaments et la technologie médicale, a apporté des nouvelles solutions de prise en charge, d’où la nécessité de financement de plus en plus important.
Parallèlement, le vieillissement de la population nous conduit donc à nous pencher sur la volonté d’avoir une approche horizontale et non plus verticale comme s’est souvent encore la situation actuelle.
Le secteur de la santé sera beaucoup plus intégré, inévitablement les actions viseront tant la prévention que le curatif.
En quoi l’informatique peut-elle jouer un rôle?
Elle sera le moteur de changement, les "success stories" par les gains de productivité vont apporter de vrai bénéfice.
Parfois des réductions de coût en ciblant des pathologies particulières.
Ensuite, l’exposé donné par le Dr Pierre Simon, Président de l’ANTEL (Association Nationale de Télé Médecine) France, traite du thème " Pourquoi l’organisation des soins va changer et quelle est la place de l’informatique?"
Dr Simon nous parle aussi du vieillissement de la population et précise, notamment, l’allongement de la vie soit 3 mois chaque année avec un différentiel plus favorable aux femmes par rapport celui des hommes.
Le Japon est un véritable exemple dans ce domaine.
Nous sommes actuellement, nous dit-il, devant la révolution cardio-vasculaire puisque nous constatons une diminution de la mortalité pour les maladies cardio-vasculaires mais nous
constatons aussi une diminution de la mortalité en ce qui concerne les cancers; à noter que les cancers féminins n’ont pas diminué autant que les cancers masculins mais cela est en train de se corriger.
Les affections de longues durées (ALD) représente en France 15 millions de personnes.
Notons le diabète qui augmente de plus en plus dans le monde entier. Dans ce contexte, la Télémédecine doit conduire ou peut conduire à une amélioration de la prise en charge par
l’amélioration des conditions de vie.
Si les personnes âgées ne meurent plus de maladies cardio-vasculaires, il est constaté que les augmentations de décompensation cardiaque progressent d’où augmentation substantielle des suivis par le corps médical.
Dans ce cadre, les surveillances à distance par des outils concrets offerts aux patients pour être en
communication et transmettre leurs données de surveillance, voir en vidéo conférence le médecin est un plus car dans beaucoup de situations éloignées, le patient ne peut pas consulter un médecin.
Par contre, par la voie de la technique, cela lui est possible.
C’est ainsi que l’informatique peut intervenir au niveau du parcours de soins en modèle de télé surveillance, de télé consultation, non seulement avec les médecins mais également en impliquant
les paramédicaux.
Dr Simon rappelle que ce projet de surveillance, de suivi des patients à domicile doit suivre quelques étapes:
Tout d’abord, des indicateurs de suivi sont élaborés et validés par les sociétés savantes. Ensuite, créer un logiciel est crée avec ces infos et sera nourri par les informations des patients.
Tout cela est transmis au centre de réception pour interprétation.
Il y a ensuite actualisation des critères et réactualisation de ces indicateurs de suivi.
La mise en place des véritables HAD (Hospitalisation à domicile) où un coordinateur médecin veille à ce que tous les professionnels de la santé privilégient la même direction qualitative vis-à-vis du patient. Ce médecin coordinateur ne remplace pas bien entendu le médecin traitant mais il permet de coordonner et de rendre plus efficient les soins à domicile et les prises en charge des maladies chroniques.
Une question qui est posée:
Y-a-t-il déshumanisation par ces approches techniques de suivi des patients ?
Dr Simon répond que non dans les expériences qu’il a rencontrées et qu’au contraire, les patients se trouvent rassurés par un accompagnement de qualité.
Un détail critique après l’exposé était de dire qu’il n’existe pas de " clinical evidence", à cela le
Dr Simon répond qu’il y a différentes études qui ont été faites montrant le bénéfice apporté par cette télé médecine. Il est très important dans le monde actuel de réduire la notion de perte de chance c'est-à-dire d’avoir la possibilité à quiconque de bénéficier de l’avis d’un spécialiste mis à sa disposition et ce peu importe la difficulté.
Il faut savoir que les spécialistes préfèrent travailler en équipe. Par conséquent, il est constaté que des médecins se retrouvent au sein de centres plus importants et que les petits centres hospitaliers ne
peuvent pas se permettre de disposer de tel ou tel spécialiste.
La télé médecine permet de compenser cela, de faire appel par vidéo conférence à
ces spécialistes et à distance.
Dr Simon, nous dit, en terminant son exposé, que les urgentistes, une urgence sur deux, ont des difficultés à traiter correctement le patient. Ayant à leur disposition la télé médecine, ils bénéficient ainsi d’avis de spécialistes sur une situation précise. Cela permet de diminuer la une notion de perte de chance par rapport à un diagnostic, un traitement.
Pour terminer, je dirais qu’une fois de plus l’outil informatique reste un outil à la disposition. C’est aux
professionnels de la santé, qu’ils soient médecins et paramédicaux, de les utiliser correctement et aussi que les pouvoirs publiques sont aussi sensibles à cette question comme s’est déjà la volonté en en Wallonie par le réseau de santé wallon.