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'Prendre le pouls', rapport annuel 2006 du SPF

Le Ministère de la Santé vient de publier son rapport annuel. Avec son autorisation, nous mettons en ligne les pages concernant les soins et l'informatique.



Données hospitalières

Des soins de santé de qualité, accessibles et abordables pour tous, c’est l’une des grandes priorités du SPF.
Or ceci ne peut se faire que sur la base de données correctes et utilisables concernant les soins prodigués dans notre pays.

Le système Portahealth permet désormais aux hôpitaux d’échanger rapidement et efficacement cette information avec le SPF. En 2006, le projet "Feedback intégré aux hôpitaux" a également fourni, pour la première fois, aux institutions un suivi sur leurs prestations, et ce en abordant différentes dimensions.

Ce regain de collaboration entre les autorités et les institutions de soins favorise sans nul doute la qualité.

PartaHealth

La Belgique compte quelque 150 hôpitaux généraux. Chaque année, ils transmettent
au SPF des données relatives à leur organisation. Celles-ci servent notamment à adapter le fi nancement et la réglementation à la situation réelle.
Avant 2006, chaque hôpital utilisait son propre système. Le traitement des données prenait donc du temps. Depuis maintenant un an, grâce à Portahealth, les hôpitaux transmettent le Résumé Clinique Minimal (RCM) de façon rapide, uniforme et transparente.

Du courrier à la plateforme Internet

Auparavant, toutes les données parvenaient au SPF sur un cd-rom ou une disquette. Les
fi chiers y étaient soigneusement contrôlés afi n de déceler les éventuelles erreurs et, au
besoin, renvoyés à l’institution. Cette dernière adaptait alors les données avant de les
renvoyer pour analyse. Et il arrivait souvent que l’échange soit répété plusieurs fois !

Il était donc devenu indispensable de trouver un système standardisé, qui assurerait la transmission des données via un canal spécifi que. Ce système est devenu réalité, au début 2006. Portahealth est en effet un portail Internet, simple d’utilisation et qui résout pas mal de problèmes :

1. Deux fois par an, chaque hôpital introduit ses données du Résumé Clinique Minimal sur ce site Web sécurisé ;
2. Portahealth détecte automatiquement les erreurs, qui peuvent alors être directement
adaptées ;
3. Les données correctes parviennent rapidement et sous une forme standardisée dans la banque de données sécurisée. Ces données sont protégées contre toute violation de la confidentialité et sont prêtes à être analysées.

Enfin, Portahealth est compatible avec le futur BeHealth, le nouveau portail qui accueillera bientôt toutes les informations et applications du secteur de la santé, sous forme électronique.

Finie la méfiance

Les hôpitaux ont vu l’arrivée de Portahealth avec scepticisme : ils devaient abandonner
leur propre système d’enregistrement et voulaient toutes les garanties pour la sécurité
des données. Portahealth a balayé tous ces doutes.

Les "premières maladies" sont aujourd’hui dépassées et le système a atteint sa vitesse
de croisière. De nombreux signaux positifs sont d’ailleurs transmis par les hôpitaux. Et les résultats parlent d’eux-mêmes : toutes les données correctes du premier semestre 2005 sont d’ores et déjà analysées.

Ceci représente une différence de plusieurs mois !

Portahealth : vers une communication plus rapide et plus efficace

Dr Erik Baert
Dr Erik Baert
Une communication plus rapide et plus efficace avec le citoyen et nos partenaires, voilà l’objectif poursuivi par le SPF Santé publique lors du développement de Portahealth, la plateforme électronique, lancée en 2006. Après un an d’existence, l’heure est au bilan…

La plateforme Portahealth permet surtout l’échange électronique de données médicales entre le SPF et les hôpitaux généraux. Depuis 1990, ces derniers sont en effet obligés d’enregistrer le Résumé Clinique Minimal : données médicales relatives à l’hospitalisation des patients. Le besoin en équipements hospitaliers est, notamment, déterminé sur la base de ces données. « Auparavant, nous enregistrions nos données sur un cd-rom que nous transmettions pour contrôle au SPF », dit le Dr. Erik Baert, responsable de l’enregistrement médical à l’hôpital universitaire de Gand. « Aujourd’hui, les hôpitaux peuvent envoyer leurs données RCM par le biais du portail Portahealth. »

Rapidité, facilité et efficacité

Un module intégré contrôle les données et met les résultats à disposition dans les 24 à 48 heures. Si les données sont correctes, elles peuvent être directement envoyées pour archivage. Dr. Baert : « Le gain de temps est donc sans nul doute l’un des principaux avantage offerts par ce système, au même titre que l’efficacité.
Et grâce à l’envoi standardisé, l’incompatibilité du matériel et du logiciel n’est plus un problème. »

Mission accomplie ? Dr. Baert : « Le nouveau système a incontestablement prouvé son efficacité. Il s’agissait d’un développement social nécessaire. La tâche du SPF consiste maintenant à perfectionner le système et à en étendre les possibilités. »

Feedback intégré aux hôpitaux

La collecte de données n’a jamais été un problème. Les banques de données de la fonction publique regorgent de données administratives sur les hôpitaux. Le défi principal est par contre de pouvoir également exploiter ces informations comme base pour la politique.

En 2006, le projet ‘Feedback multidisciplinaire et intégré aux hôpitaux’, en abrégé ‘Feedback intégré’, a été lancé. A cette occasion, nous avons fourni, pour la première fois, à tous les
hôpitaux aigus de Belgique un feedback sur leurs prestations, et ce en intégrant différentes dimensions. Objectif ? Les encourager à améliorer en permanence la qualité de leurs prestations.

  • Le prédecesseur: le projet PATH
PATH signifie "Performance Assessment Tools for quality improvement in Hospitals". Il s’agit d’un projet de feedback mis sur pied, en 2003, par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

C’est l’approche multidimensionnelle des performances de l’hôpital qui constitue la particularité de ce projet. Concrètement, cela signifie que l’analyse porte sur le fonctionnement global. Le projet ne concerne donc pas uniquement les actes médicaux,
mais aussi le fonctionnement général de l’organisation.

La Belgique a participé à la phase d’essai de ce projet, en collaboration avec quatre autres pays. L’étude réalisée sur 22 hôpitaux belges a révélé que ce sont les institutions elles-mêmes qui réclament un feedback et des points de comparaison. Pour ces institutions, c’est en effet la seule façon d’entreprendre des actions concrètes d’amélioration.

  • Premières étapes du projet
L’année dernière, le projet ‘Feedback intégré’ a donc vu le jour. En avril 2006, nous avons fourni, pour la première fois, aux 119 hôpitaux aigus de notre pays des informations claires sur leurs prestations, et ce dans différents domaines. Le 27 juin, nous avons organisé un symposium sur les performances des hôpitaux, en même temps qu’une conférence internationale sur le projet PATH.

Nous avons identifié 11 indicateurs qui, ensemble, composent l’image des quatre dimensions de la performance d’un hôpital : les performances cliniques, les performances financières, la capacité et l’innovation, et l’orientation vers le patient.

La première série d’indicateurs a été choisie sur la base de trois critères :
1. La disponibilité des données auprès du SPF ;
2. La mesure dans laquelle ces indicateurs peuvent donner lieu à un questionnement sur les performances au sein de l’hôpital ;
3. La disponibilité d’une documentation scientifique relative à la validité des indicateurs.

Nous avons puisé les données dans différentes banques de données du SPF : Résumé Clinique Minimal, Résumé Infirmier Minimal, Finhosta, les statistiques annuelles des hôpitaux, etc.

  • Feedback sur le feedback intégré
L’année 2006 a été une année de reconnaissance pour le projet "Feedback intégré". Un comité d’accompagnement évalue d’ailleurs minutieusement les premiers résultats. Ce comité se compose de collaborateurs des différents hôpitaux. Il est chargé d’évaluer la pertinence du feedback, de revoir la liste initiale des indicateurs, d’encourager l’utilisation de ces indicateurs dans les hôpitaux et d’enregistrer les réactions.

Les premiers retours permettront surtout de voir comment utiliser au mieux les banques de données administratives pour améliorer les performances de nos hôpitaux. Il est également clair que les réponses des hôpitaux sont nécessaires pour assurer la réussite du projet.

Les premières réactions sont positives. L’initiative s’inscrit dans la nouvelle tendance du SPF, à savoir assurer une prestation de services plus importante pour les hôpitaux. En outre, nous communiquons en permanence avec toutes les parties concernées : une attitude qui est particulièrement appréciée.

  • Limites du projet
L’objectif du projet est clair : fournir aux hôpitaux un feedback relatif à leurs performances.
De cette façon, ils disposent d’un instrument de "screening" qui va leur permettre de définir leurs priorités d’actions.

Le feedback n’est donc pas un instrument d’évaluation externe et ne remplace pas les normes actuellement en vigueur dans les hôpitaux. Les résultats restent également anonymes pour éviter un ‘hit-parade’ des hôpitaux.

Les hôpitaux décident eux-mêmes d’utiliser le feedback intégré. Le projet n’a d’ailleurs de sens que si les hôpitaux examinent eux-mêmes les données en détail et tirent les conclusions adéquates. L’idéal est que les hôpitaux comparent leurs résultats à ceux de leurs collègues. C’est là une collaboration que soutient totalement le SPF.

Source

Rapport annuel 2006: "Prendre le pouls"

Stéphane Allard
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