Soins Infirmiers & Informatique est une association infirmière belge qui organise l'échange et la diffusion des connaissances, des acquis et des projets traitant de l'informatique et des soins infirmiers.

Soins Infirmiers & Informatique

Qualités et exigences d'un serveur infirmier

Même s’il existe depuis les années soixante, Internet n’a révélé ses capacités pour le grand public qu’à partir de 1994. En effet, c’est à cette date que fut mis en place le web, espace commerçant d’Internet, qui allait permettre à chacun d’investir cet espace de communication, quasiment sans limites.

Le monde infirmier français était, sans forcément le savoir, en attente d’un tel outil.
Le manque de communication était apparu six ans plus tôt quand les infirmiers français avaient voulu faire valoir leurs droits dans le cadre de la Coordination Infirmière qui avait poussé dans la rue près de 100 000 professionnels en octobre 1988.



Qualités et exigences d'un serveur infirmier
Quelques rappels

La profession infirmière française, numériquement une des plus importante de la planète, souffre aussi de cette importance.
En effet, les infirmiers français sont très dispersés sur le territoire, lui-même vaste et morcelé (DOM-TOM) et la variété de leurs pratiques, qui couvre le champ du médical – du social et du psychologique – les rend très vulnérables dans le domaine de la communication, à commencer par la communication interne qui est souvent externalisée au détriment de l’ensemble du groupe professionnel (querelle entre les différents groupes professionnels).

Avant 1987, la communication passait quasi exclusivement par la presse professionnelle, assez monolithique et peu lue. Deux revues couvraient ce domaine : la Revue de l’Infirmière éditée par la Croix-Rouge Française (généraliste et bien pensante) et la revue Soins (très limitée à la publication de travaux infirmiers). Les autres revues n’avaient qu’une audience anecdotique.
Aucun autre outil de communication n’existait alors et la France n’avait entendu parler des infirmières que quelques heures, quatre ans plus tôt, à l’occasion d’une protestation unitaire (1984).
Les organisations professionnelles, quoique très nombreuses (plus de 130 recensées à ce jour), n’ont jamais pratiqué la communication externe de façon efficace.

1988 fut l’occasion d’une véritable révolution. Une revue au ton différent, l’Infirmière Magazine, née un an plus tôt, pris fait et cause pour le mouvement infirmier et offrit ses colonnes, et son salon, à la protestation dès le printemps.
Aussi quand le mouvement éclate, à l’automne, le terreau infirmier était déjà ensemencé. Dès le début le mouvement s’organise dans une joyeuse pagaille mais en utilisant des outils vus dans d’autres groupes socioprofessionnels. C’est ainsi que la Coordination (totalement informelle à l’époque) se dote d’une équipe chargée de la communication avec plusieurs porte-parole accrédités.
Cette équipe peut également s’appuyer sur une publication, Infarctus, qui permettait la communication interne et sur un site minitel (3615 Coord).
L’effet de l’impact de la communication sur le mouvement infirmier fut massif. Les infirmiers venaient de comprendre qu’une cause ne pouvait se contenter d’être juste pour être entendue mais qu’elle devait aussi s’exprimer sur les médias pour être crédible.

La fin chaotique du mouvement de 1988 provoque la dissolution de la Coordination Nationale Infirmière (association loi de 1901) et ses responsables se répartirent en trois entités syndicales : la Coordination Nationale Infirmière, le CRC (coordonner, rassembler, construire) et l’Union Infirmière France.
Chacune de ces organisations se partagea le site minitel, mais la revue disparut et la communication infirmière retomba dans le seul giron de la presse spécialisée qui prit de l’ampleur.

La situation en 1994

La profession infirmière, malgré un autre grand mouvement en 1991, est plutôt démotivée par la situation de la santé en France.
Les organisations professionnelles prospéraient en nombre mais ne recueillaient pas davantage d’écho auprès des professionnels (4 à 7 % d’adhérents par rapport aux professionnels en exercice).
Cette démotivation générale présente cependant une particularité : au sein de cette profession plusieurs infirmiers ont gardé le souvenir de leur participation active au mouvement de 1988 et à celui de 1991 ; de nombreux infirmiers sont sensibles à toute tentative de communication en leur direction.

Malheureusement, les outils disponibles étaient toujours aussi rares. De plus la presse infirmière était en train de passer aux mains de groupes internationaux qui en confiaient la direction à des journalistes professionnels ou à des médecins reconvertis.
Autant dire que le web apparaissait comme un véritable miracle, malgré sa complexité, pour tous ceux qui croyaient que la France méritait une profession infirmière plus soudée et mieux reconnue.

Les problèmes techniques ont cependant limité l’accès du web infirmier à un petit nombre, tant en ce qui concerne la création de contenu, qu’en ce qui concerne l’accès à ces contenus.
L’essor du web infirmier ne se fera dans l’avenir qu’à compter du moment où son accès ne nécessitera plus le recours à l’outil informatique tel que nous le connaissons aujourd’hui.

POURQUOI UN WEB INFIRMIER ?

Il me semble qu’en tout domaine, quand un individu prétend s’adresser à toute une communauté, il devrait tout d’abord s’interroger sur la pertinence du projet pour le groupe et non pas pour lui-même.
Or force est de constater que la démarche est souvent inverse et obéit surtout à l’adage « Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres »

Information & Communication

L’information professionnelle est très demandée par les internautes infirmiers souvent en peine d’accéder aux média classiques. Cela va de la consultation des sommaires des revues professionnelles à la recherche d’emploi. C’est le côté « magazine » du site.
Communiquer est la justification la plus évidente d’un média. Permettre à des individus éparpillés ou trop nombreux pour un contact direct de se ressouder autour d’une motivation identitaire est une évidence pour un site.
C’est également la partie la plus facile à réaliser sur Internet. C’est pourquoi presque tous les sites visibles disposent de moyens de contact individuel ou collectif.

Cependant le web infirmier a bien d’autres rôles à jouer.

Promotion de la profession

Nos professions, nous l’avons vu précédemment, sont représentées au niveau national et international par des organisations associatives et syndicales qui doivent utiliser cet outil pour favoriser la démocratie directe et réduire leurs charges de fonctionnement.
Disposer d’un espace sur le web est aujourd’hui à la portée immédiate du plus grand nombre et des systèmes de création automatique existent pour ceux que l’informatique rebute.
Ce système permet surtout d’ouvrir la vie associative en direction de la majorité « silencieuse » qui ne s’implique pas dans la vie de la profession.

Défense des intérêts professionnels

L’éparpillement dû à notre situation numérique et géographique rend souvent illusoire la mise en œuvre de mouvements sociaux de grande envergure.
Internet nous ouvre enfin les portes d’une communication efficace qui permet à la fois de renseigner les collègues sur les raisons d’un mécontentement (et de juger de la mobilisation sur ce thème) et de les mobiliser tout en maintenant en permanence la communication sur les actions à mener et l’évolution de la revendication, le tout pour un coût raisonnable.

Échanges de compétences professionnelles

Nos pratiques professionnelles évoluent en permanence et pourtant nous sommes nombreux à ne pouvoir en suivre l’actualité aussi qualitativement que nous pourrions le souhaiter.
Là aussi, un site infirmier doit permettre aux personnes de terrain d’échanger sur leurs pratiques et à ceux d’entre nous qui cherchent à faire évoluer notre profession par leurs écrits d’analyse, de recherche et de proposition de mettre à la disposition du plus grand nombre les résultats de leur travail.

INFORMATION & COMMUNICATION

Activité magazine

C’est là que l’on doit trouver un espace emploi dont la règle est habituellement de proposer une insertion d’annonces de recherche d’emploi gratuite. Les offres d’emploi sont, soit gratuites, soit payantes et à la charge des employeurs. C’est un moyen simple de financer les sites.
Pour favoriser les contacts et renforcer le sentiment d’appartenance, un annuaire est un outil précieux. En effet, qui n’a pas perdu de vue un collègue d’école ou de travail, depuis quelques années, et ne serait pas heureux de lui faire la surprise d’un petit courriel.
Retrouver dans un site un index ou les sommaires des revues professionnelles ainsi qu’une sélection des ouvrages publiés sur des sujets en rapport avec l’exercice professionnel est toujours apprécié. Un site doit pouvoir, soit directement, soit en usant de liens, offrir ce service.

Favoriser le droit à l’expression

C’est l’activité initiale du web. Les professionnels infirmiers (et notamment les étudiants) en sont friands.
Tous ces forums, chat, listes de diffusion… permettent de donner vie à un site et, accessoirement, de gonfler un peu les statistiques de visites.
Certes le pire y côtoie le meilleur, mais c’est un moyen de rapprocher les intervenants qu’il ne faut pas négliger.

Thésaurus réglementaire

Plus sérieux et très demandé est l’outil permettant aux internautes de se tenir au courant de leurs droits et devoirs sur les plans juridique et réglementaire.
Cela permet un éveil à la déontologie, à l’éthique et à la maîtrise des droits des travailleurs que nous sommes.

PROMOTION DE LA PROFESSION

Organisations professionnelles

Un site infirmier se doit d’aider le visiteur à trouver, auprès des organisations professionnelles, une réponse à ses interrogations.
Pour cela un espace offrant des liens vers les sites de ces dernières est le choix le plus simple.
D’autres sites poussent la volonté service jusqu’à offrir un véritable annuaire des organisations professionnelles avec des liens vers celles qui ont rejoint le web et les coordonnées des autres.

Actions professionnelles

La profession est en perpétuelle ébullition, que ce soit pour évoluer dans sa représentativité, ou que ce soit pour valider devant la population et les dirigeants, des revendications professionnelles ou plus générales concernant la santé.
Un site qui se veut à l’écoute de la profession peut difficilement faire l’impasse sur la vie interne de ceux dont il revendique l’attention.

Monde de la santé

Après avoir réalisé ses objectifs d’unification des professionnels de soins infirmiers, un site dynamique doit aussi s’intéresser à la communication externe.
Les trois cibles privilégiées sont : les institutionnels, les autres professions de santé et le grand public.
Les moyens sont variés et vont du principe de portails, à la mise en place d’un annuaire de liens, sans oublier des espaces destinés au public sous forme d’informations pratiques.
Ainsi on évite le repli de la profession sur elle-même et on peut mettre en place une éducation destinée à présenter une image de nos métiers plus conforme à la réalité et en rupture avec les clichés habituellement véhiculés par les médias.

FORMATION INITIALE & CONTINUE

Formation initiale

Voici un espace incontournable pour se créer une clientèle fidèle. En effet les étudiants sont très avides d’information et les écoles de mieux en mieux équipées en matériel informatique.
La première demande est clairement axée sur l’information relative aux études : conditions d’inscription, formations préparatoires, nature et contenu des concours et examens d’entrée, déroulement des études, examens en cours et en fin de formation.
Ensuite la mise en place d’un annuaire des centres de formation est très appréciée des internautes.

Formation continue

Un secteur très actif dans le monde infirmier est celui de la formation continue.
La partie la plus connue est celle des congrès, journées de formation et autres salons professionnels. Très largement aux mains du secteur privé, ces formations disposent souvent d’espaces de promotion sur internet.
Un site digne de ce nom se doit d’offrir un espace où ces manifestations pourront se faire connaître du plus grand nombre.
Cependant il ne faut pas oublier l’autre facette de la formation continue. Il s’agit de ces formations qui permettent selon les avis de bénéficier d’une promotion de carrière dans des professions qui n’en disposent pas ou de réorienter son exercice professionnel. Ces formations, spécialisées ou cadre, sont le plus souvent issues du secteur public de santé. Le site veillera à proposer des informations quant aux modalités d’accès, d’études et de sanction de ces formations.

Travaux de formation

De plus en plus nos formations, initiales et continues, nécessitent la rédaction d’un travail personnel. De plus, des formations universitaires annexes demandent elles aussi de tels travaux, mémoires ou thèses.
Un site doit permettre d’aider les néophytes à organiser leur travail et à rencontrer des collègues œuvrant sur un même sujet ou experts dans le thème étudié.
Il doit également proposer la publication des travaux pour que la profession puisse en retirer un bénéfice.

ÉCHANGES DE COMPÉTENCES

Protocoles, soins & normes

Voici clairement l’espace le plus important à mes yeux.
Internet ne peut avoir, à mon avis, qu’un intérêt d’élévation de la qualité de nos pratiques et de promotion de nos professions. Sinon, quel gâchis d’espace !
Un tel menu doit donner la possibilité aux collègues, isolés ou en équipe de soins, qui ont réfléchi sur leurs pratiques, de présenter leur travail et de le mettre à la disposition de tous.
En échange, ils doivent pouvoir en espérer autant. Ainsi, les pratiques soignantes, aujourd’hui très disparates, pourront s’enrichir les unes des autres et tendre, à terme, vers un rapprochement des pratiques, toutes choses étant égales par ailleurs.
Pour aider à ces publications, il convient d’offrir, en un même lieu, le regroupement maximal de documents souvent éparpillés (par le biais de liens directs) et des outils réglementaires qui rappellent les bonnes pratiques validées au plan national.

Outils de travail & documents

Nos pratiques soignantes s’appuient en permanence sur des données issues des sciences de la vie (médecine, psychologie, ethnologie, etc.) qui sont en constante évolution et sur des outils, physiques (matériels de soins, de surveillance, etc.) ou non (scores, échelles, etc.).
Il est important d’en offrir la mise à disposition sur un site pour que nous puissions conserver notre autonomie tout en évoluant avec la recherche.

International

De la même façon que nous avons prôné l’ouverture vers le monde extérieur aux soins infirmiers, nous devons ouvrir notre profession à ses consœurs européennes et mondiales.
Un espace qui présente nos collègues dans leur contexte national et qui permette une présentation des cursus, de l’organisation de la santé et des pratiques est indispensable.

CONCLUSION

Site commercial ou non ?

Le principal problème rencontré lors de la mise en place d’un site est son financement.
La tentation est donc grande d’en faire une activité commerciale pour mieux la rentabiliser.
La dérive évidente est la transformation d’un espace à audience réduite mais à contenu ciblé en un site tout public qui traite de tout et de rien et qui fait la part belle aux effets communicants en oubliant les contenus professionnels.
Aujourd’hui il est possible de développer un site quasiment gratuit. Les petites annonces pourront alors largement financer les quelques achats indispensables (documentation).

Site portail ou site de contenu ?

Les deux ont leur place même si la tentation du portail est forte, car un tel site nécessite moins d’efforts.
En effet, un portail est destiné à rediriger les internautes vers des sites de contenu sans se donner le mal de rechercher du contenu pour l’installer sur le web.
C’est pour cela que l’on observe un grand nombre de sites qui arrêtent très vite d’apporter du contenu. En effet, les auteurs créent le site pour y diffuser leurs documents mais rechignent à faire les recherches nécessaires à l’enrichissement du site. Ces derniers restent donc en friche, augmentant encore l’effet désertique et éparpillé du web infirmier.
Un vrai site de contenu est un travail de romain où la majeure partie du temps doit être consacrée aux contacts avec des collègues pour leur demander de fournir de la matière.

Site généraliste ou spécifique ?

Là aussi, la facilité tend vers le site spécifique car nous sommes rarement omniscients.
À de rares exceptions, comme les sites d’organismes professionnels eux-mêmes spécifiques (réanimation, recherche, etc.), les sites spécifiques relèvent du problème évoqué au chapitre précédent, à savoir le manque de documents.
Un site généraliste permettra au visiteur de trouver, non seulement ce qui l’intéresse directement et qui justifie sa visite, mais aussi de quoi s’ouvrir l’esprit sur l’ensemble de sa profession.
Et c’est bien là notre mission : éveiller, rassembler et valoriser.

Et demain ?

La grande question est là.
Le web infirmier est-il condamné à voir des centaines de sites confettis emboliser l’accès à l’information en saturant les moteurs de recherche au risque de décourager les collègues en mal d’information ?
Au contraire, devant les contraintes d’entretien et de développement d’un site professionnel, les années à venir verront-elles subsister les sites sérieux et de qualité ?
Ou bien les défauts de la profession envahiront-ils le web en voyant quelques organisations confisquer cet espace d’expression au titre de leur représentativité et de leur hégémonie sur les pratiques et les pensées ?
La question est posée et la réponse dépendra de notre capacité à exiger ce qui nous semblera le plus opportun pour nous.
Éric DELMAS
Infirmier anesthésiste D.E.
CHU Necker-Enfants malades – Paris (France)
Contact
Responsable du site Infiweb


Delmas E.
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1.Posté par Agali le 05/07/2006 22:52
Salut je suis un jeune étudiant en santé publique je voudrais recevoir des infos consernant..
salutations à tous.
Agali Karimoune


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